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Stop aux abus contre les travailleurs intérimaires

Action sur le travail intérimaire en Flandre, Belgique

 « Terminus intérim. Stop aux abus contre les travailleurs intérimaires ». Tel était le thème de l'activité publique organisée par la KAJ (JOC flamande) à Ostende en présence des responsables des différentes régions. Le but de l'événement était de dénoncer la réalité et la violence subies par les jeunes qui sont à la recherche d'emploi dans les agences d'intérim et voient leurs rêves et leurs attentes s'envoler.

La plupart de ces jeunes viennent de terminer leurs études secondaires ou universitaires, ont abandonné l'école ou ont peu de qualifications, et ils se tournent vers les agences d'intérim pour qu'elles les aident à trouver un emploi. Dans de nombreux cas, les jeunes rencontrent des difficultés lorsqu'ils s'adressent à ces agences et la KAJ veut attirer l'attention de la société, des autorités politiques, des syndicats et des agences elles-mêmes. La JOC flamande a contacté la presse locale et nationale pour expliquer ses objectifs et présenter la réalité des jeunes travailleurs. Elle a mené une enquête auprès des jeunes sur leur réalité, et elle a commencé à organiser des actions, entre autres l'événement du 2 juin.

Le Secrétariat international de la JOCI a participé à l'action d'Ostende. Arlindo de Oliveira, le trésorier international, était présent et a recueilli quelques témoignages de jeunes qui lui ont décrit leurs principaux problèmes.

Des jeunes travailleurs sous pression

Riensje, une coordinatrice régionale de la KAJ, et d'autres militants responsables de l'activité d'Ostende ont expliqué: « Les jeunes qui quittent l'école ont du mal à trouver un emploi. Ils sont soumis à des pressions. Tout d'abord de la part des agences lorsqu'elles leur disent qu'ils n'ont pas les qualifications nécessaires pour travailler pour elles. Alors les jeunes rentrent chez eux mais quand ils arrivent à la maison, leur famille ne les croit pas, elle dit qu'ils ne cherchent pas de travail, ou comme les agences, elle doute de leurs capacités. Cela ne les aide sûrement pas, cela ne les encourage pas ».

Riensje a ajouté: « Aujourd'hui c'est très difficile de trouver un boulot, et quand tu travailles pour une agence d'intérim, c'est dur aussi, à cause du manque de stabilité, du contrat de courte durée et du salaire peu élevé ».

Xander et Jurgen, deux jeunes travailleurs membres de la KAJ, ont expliqué comment les agences les traitent. « Après s'être inscrit à l'agence, tu dois attendre qu'ils y aient des emplois vacants. Parfois, ils t'appellent et quand tu arrives, le poste n'est plus vacant. Dans d'autres cas, ils t'appellent et te demandent si tu es intéressé par un travail mais tu dois commencer le jour suivant, sans avoir le temps de te préparer. Malheureusement tu es obligé de dire 'oui'. » Les jeunes ont le sentiment d'être totalement dépendants des agences. Ils ont du mal à faire des projets dans leur vie et à s'organiser. Ils doivent être tout le temps disponible, même pour un contrat de quelques heures.

La KAJ avait préparé une présentation dynamique sur les principaux problèmes auxquels sont confrontés les jeunes qui se tournent vers les agences. Des jeunes jocistes ont interprété une petite pièce de théâtre. Après la présentation, un jeune du public est monté sur scène, a pris le micro et a donné son témoignage: « Je suis allé dans une agence pour chercher du travail. J'étais prêt à travailler, mais après avoir signé le contrat, l'agence l'a annulé. Elle m'a dit que je pouvais travailler pour une autre entreprise, mais c'était dans une autre ville, à soixante kilomètres de là. J'ai dit que je n'avais qu'un vélo et que je ne pouvais donc pas travailler dans une autre ville. Ils ne m'ont pas donné d'autre alternative et jusqu'à présent, je suis toujours sans emploi. »

Une situation précaire confirmée par les institutions internationales

L'action sur le travail intérimaire a eu lieu en même temps que la Conférence de l'OIT à laquelle participe la JOCI à Genève. En 2012, l'un des thèmes majeurs de la conférence est précisément l'emploi des jeunes. Selon l'OIT, « le taux mondial du chômage des jeunes pour 2012 reste bloqué à son plus haut niveau de la crise et ne devrait pas redescendre avant 2016 au moins ». L'OIT constate également que « le recours aux contrats temporaires pour les jeunes travailleurs a pratiquement doublé depuis que la crise économique a éclaté ».

Les études de l'Organisation de Coopération et Développement Économiques (OCDE) confirment les témoignages et la situation expliquée par ces jeunes travailleurs. Elles montrent que les problèmes auxquels ils sont confrontés existent depuis longtemps. « En 2002, la moitié des jeunes belges ont quitté l’école avant 21 ans et demi. La durée de la transition de l’école à l’emploi est d’un peu plus d’un an mais il faut près de trois ans pour accéder à un emploi stable. Si une grande majorité des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont un emploi un an après la fin de leurs études, il s’agit pour environ 40 % d’entre eux d’un emploi temporaire et pour un peu plus de 20 % d’entre eux d’un emploi à temps partiel. Ces proportions sont importantes mais restent dans la norme des jeunes Européens. Après la fin des études, les perspectives divergent très vite selon le sexe. Les jeunes femmes, même les plus diplômées d’entre elles, occupent beaucoup plus fréquemment un emploi atypique ou à bas salaire que les jeunes hommes et l’écart augmente avec l’âge. »

D'autres enquêtes récentes nous fournissent des informations sur la situation après la crise internationale. Dans le cas spécifique de la Belgique, un article intéressant rédigé par Robert Plasman explique: « La crise économique a eu des effets dramatiques sur le chômage des jeunes. Cela se reflète aussi dans la diminution du taux d'emploi dans la tranche d'âge des 15-19 ans, mais on le remarque également dans le groupe des 25-29 ans. Pour la tranche d'âge des 15-24 ans, le chômage a augmenté de 18% entre juin 2009 et juin 2008, comparé à 11% pour le groupe des plus de 25 ans. Le rapport chômage des jeunes/population est passé à 12,4% pour la tranche d'âge des 20-24 ans en 2010, alors qu'il n'était que de 8,6% en 2008. Ce chiffre est pratiquement similaire pour le groupe des 25-29 ans. Ces données agrégées cachent d'énormes différences entre les régions de Belgique, et également entre les sexes. »

Ensemble nous pouvons et nous allons changer les choses

Stefaan Degryse, coordinateur national de la KAJ, explique: « L'activité réalisée à Ostende fait partie d'une campagne nationale. La KAJ a déjà organisé des activités analogues dans plusieurs régions de Belgique, par exemple à Alost, et elle fera la même chose à Anvers et à Gand. Il s'agit d'étapes qui déboucheront sur un événement national qui aura lieu à Bruxelles en novembre 2012. » Lorsque nous avons demandé à Stefaan pourquoi la KAJ avait lancé cette campagne, il a répondu: « Je vois des jeunes travailleurs qui doivent se battre pour trouver un emploi à cause de la façon dont les agences d'intérim les traitent. Les conséquences sont graves pour beaucoup de jeunes: leurs familles ou leurs amis ne croient pas qu'ils cherchent vraiment du travail. Certains les traitent de 'paresseux'. Ils ne peuvent pas épargner d'argent pour se construire un avenir heureux, par exemple ils ne peuvent pas obtenir de prêt pour acheter une maison. Alors ils doivent continuer à habiter chez leurs parents. Je crois que les jeunes travailleurs sont assez forts pour relever ces défis, la tête haute. Ensemble nous pouvons et nous allons changer les choses. »

La JOCI soutient fortement l'action menée par la KAJ. Le mouvement international poursuit son combat en faveur des droits des jeunes travailleurs. Nous continuons à renforcer nos actions et notre campagne internationale en faveur de la « Protection sociale – pour un travail décent, une éducation de qualité et l'égalité entre les genres dans la société ».

Des défis à relever

En se basant sur cette campagne, la JOCI a identifié des défis à relever pour améliorer les conditions des jeunes et leur garantir une protection sociale.

  • Les agences d'intérim devraient respecter les droits des demandeurs d'emploi et améliorer la façon dont elles les traitent.

  • Le secteur privé a un rôle important à jouer, surtout en respectant les lois du pays qui énoncent les droits des jeunes travailleurs. Il doit créer des possibilités d'emploi et offrir des contrats de longue durée aux jeunes sans passer par des intermédiaires, comme le préconise la campagne sur un travail décent promue par la JOCI et d'autres institutions internationales.

  • Les États doivent jouer un rôle majeur en améliorant les capacités des jeunes par le biais de la formation, de cours techniques et d'autres moyens. Ils devraient créer des possibilités d'emploi qui contribueront au développement de la société et des jeunes. Il convient de noter que les politiques d'austérité actuelles rendent difficile la création d'emplois dans les pays. Les États doivent également défendre leurs citoyens dans l'intérêt commun. Par conséquent, ils doivent réglementer le système et la façon de traiter les jeunes travailleurs, et ils doivent assurer des inspections régulières.

La JOCI tiendra son Conseil international au Ghana (Afrique) en août 2012. La KAJ et tous les mouvements affiliés à la JOCI sont invités à y participer. Les jeunes dirigeants des différents pays pourront partager et échanger leurs expériences de lutte et de défense des droits des jeunes travailleurs.

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