Visite à la JOC de Namibie : Une lutte pour de meilleures conditions de vie

jamesLe coordinateur de la PANAF décrit les problèmes touchant les jeunes femmes

 C’est en tant que représentant de la Commission africaine et de la coordination panafricaine de la JOCI que James Denteh a visité la JOC de Namibie du 15 au 25 octobre. Le principal objectif de la visite était d’une part d’apporter un soutien au mouvement national dans sa révision de l’action, de la coordination et des finances, et d’autre part de renforcer le lien entre ses actions locales/nationales et la campagne continentale et internationale en faveur d’ « un travail juste et une vie digne pour tous les jeunes travailleurs ».

L’un des principaux problèmes auxquels sont confrontées les jeunes femmes de Namibie est le décrochage scolaire dû à une grossesse précoce et à un accouchement.

Il s’agit de jeunes femmes de 15 à 28 ans, vivant dans des zones reculées, dans des conditions précaires et dans la pauvreté. Comme la plupart des parents ne peuvent pas payer l’éducation de leurs enfants, la seule option est d’abandonner l’école et de vivre en suivant leur propre voie.

Beaucoup de jeunes filles et de jeunes femmes sont prises au piège des night-clubs, des centres de vidéo et autres lieux de divertissement qui les rendent heureuses. Le pire est que les hommes profitent de leurs problèmes. La plupart des jeunes filles qui donnent naissance à un enfant ne connaissent pas le père de leur enfant. La majorité des mères célibataires sont confrontées à une situation difficile dans leur famille. Beaucoup souffrent de stress et sont forcées de vivre en dehors de chez elles dans des conditions inhumaines.

La JOC de Namibie organise ces filles et réfléchit à leur situation afin de leur donner de la force et trouver une solution avec le groupe. La JOC apprend aux jeunes femmes les dangers d’une sexualité non protégée afin de combattre le taux élevé de grossesses au sein de la communauté.

Grâce à la révision de vie pratiquée avec ces jeunes femmes qui permet de les éclairer sur leur vie, elles sont aujourd’hui considérées comme une référence pour les autres jeunes filles de la communauté.

L’action menée est importante car la grossesse chez les adolescentes est un problème majeur en Afrique. À titre d’exemple, les statistiques révèlent qu’environ 182 000 adolescentes sud-africaines tombent enceintes chaque année. Il y a peu de temps, le ministre rwandais de l’éducation a présenté un rapport signalant que 600 filles au Rwanda avaient quitté l’école en raison de violences l’année dernière, et 500 parce qu’elles étaient enceintes.

Ce problème est mondial et la JOCI en est consciente. Malheureusement, dans la majorité des cas, cette situation affecte sérieusement et à jamais la vie des jeunes femmes, en particulier leur transition de l’école au travail. Les femmes se trouvant dans cette situation travaillent généralement dans des conditions précaires sans pratiquement aucune possibilité de sortir de la pauvreté.

L’action locale de la JOC de Namibie est clairement liée à la campagne internationale de la JOCI dont l’un des thèmes est l’égalité des genres. La JOCI estime que les inégalités entre les hommes et les femmes – les restrictions sur le plan des choix que peuvent faire les femmes et des chances qui leur sont offertes – ont des conséquences directes et souvent graves pour la santé et l’éducation des femmes, ainsi que pour leur participation sociale, économique et politique. Notre campagne internationale promeut l’implication des jeunes femmes dans les processus de décision partout et à tous les niveaux de la société.

Dans les mouvements de la JOC, les groupes de base poursuivent leur lutte pour améliorer les conditions de vie des jeunes femmes et promouvoir l’égalité des genres pour tous et toutes dans la société.

Toutes ces actions en faveur de l’égalité des genres sont importantes et méritent d’être mises en lumière, en particulier en ce mois de novembre où nous célébrons la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.