Nouvelles de la JOC d’Asie-Pacifique : «Nous croyons que nous sommes la solution»

En octobre dernier, la JOC d’Asie-Pacifique (ASPAC) a organisé une rencontre continentale d’action, un séminaire sur la protection sociale et un échange régional de responsables aux Philippines. La rencontre continentale d’action a eu lieu à Taytay, dans la province de Rizal. Vingt-huit délégués des JOC nationales d’Australie, d’Indonésie, du Japon, du Pakistan et des Philippines ont participé à l’événement, où étaient également présents l’équipe d’ASPAC, le secrétaire général de la JOCI et une coordinatrice de la Panaf.

ASPAC avait choisi un thème ambitieux pour cette rencontre : « Nous sommes jeunes ! Nous sommes des travailleurs ! Nous luttons pour notre dignité ! » Les participants se sont réunis pour partager leurs expériences et préoccupations, leurs difficultés et convictions à propos de la JOC dans leurs pays respectifs. « Nous les jeunes, nous voulons contribuer et participer à la société. Nous sommes souvent exclus et non respectés. Nous voulons trouver le moyen de vivre une vie digne dans cette société. Oui, nous croyons que nous sommes la solution et que nous pouvons changer les choses ! »

Ne laissons pas les travailleuses de côté : Halte à la discrimination de genre au travail et dans la société ! Halte à toutes les formes de violence !

Aujourd’hui, 25 novembre, alors que nous commémorons la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous, Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale, élevons nos voix pour dénoncer les violences et la discrimination que les jeunes travailleuses vivent chaque jour au travail et dans la société. L’une d’elles s’appelle Mary, elle a 28 ans et vient du Nicaragua.

« Je travaille dans une zone franche pour Hansae Nicaragua SA, une usine textile. Cela fait un an que je travaille là comme opératrice de machine.

Dans notre pays, la violence basée sur le genre est un problème que nous vivons au quotidien à la maison dans l’éducation que nous recevons pour assumer les tâches ménagères parce que nous sommes des femmes, par exemple cuisiner, faire la lessive et le nettoyage, s’occuper des enfants… Lorsque je me rends au travail, je suis confrontée au harcèlement sexuel de rue tous les jours. La société minimise cette pratique, la présentant comme inoffensive mais à mes yeux, il s’agit aussi de violence basée sur le genre et je me sens réellement harcelée quand je marche au milieu des gens.

Parfois sur mon lieu de travail, je fais aussi l’objet de violence psychologique. Ils utilisent des mots très forts, ils crient, ils nous insultent en grande partie parce que nous sommes des femmes. Quelque part, nous nous taisons, nous n’exigeons pas le respect car nous voulons conserver notre emploi. La violence dont nous sommes victimes est à la fois horizontale et verticale : horizontale lorsque les opérateurs masculins qui font le même boulot que nous sont violents et nous harcèlent ; verticale lorsqu’elle est le fait d’un supérieur qui exerce son pouvoir et son machisme sur nous, nous donnant une charge de travail plus importante pour le même salaire, nous considérant comme des marchandises, des objets.

En m’engageant à la JOC du Nicaragua, je veux être formée en tant que femme, je veux m’organiser avec d’autres jeunes femmes qui vivent la même réalité afin de lutter pour notre dignité de femmes et exiger du respect envers les femmes. »

Séminaire international 2018 de la JOCI à Bandung, Indonésie

 

"Jeunes travailleurs dans le monde du travail aujourd'hui - Notre vision pour demain"

Les délégués et représentants des mouvements nationaux de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale, des membres d’autres organisations, associations et syndicats d’inspiration catholique, se sont réunis à Bandung, Indonésie, du 14 au 18 août 2018 dans le cadre d’un échange international et d’un séminaire international ayant pour thème « Les jeunes travailleurs dans le monde du travail aujourd’hui – notre vision pour demain : refaçonner l’avenir du travail à l’heure de la numérisation, des changements écologiques, de la précarité et du chômage".

Les délégués sont convaincus que le travail juste fait partie intégrante de l’épanouissement personnel de l’être humain et devrait garantir sa participation au développement de la société. Pourtant, le monde du travail aujourd’hui ne garantit pas une vie durable aux jeunes travailleurs, ni aux travailleurs en général, car, partout dans le monde, ils sont confrontés au chômage et à la précarité.

Ils ont constaté qu’un nombre croissant de jeunes travailleurs et de travailleurs en général sont soumis à de longs horaires de travail, à une absence de protection sociale, à l’informalisation du travail et à de bas salaires, et qu’il est dès lors difficile pour eux de subvenir aux besoins de leurs familles. La numérisation du travail conduit au licenciement de travailleurs et, en conséquence, à une hausse du chômage. De même, le mode actuel d’organisation du travail désintègre les relations de travail et prive les travailleurs du droit de s’associer librement.